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Contentieux de la propriété industrielle : La « LME » (loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008), a notamment modifié certains articles du code de la propriété intellectuelle, parachevant ainsi le processus de spécialisation des tribunaux intervenant dans le contentieux de la propriété intellectuelle. Les indispensables décrets d’application, qui devaient fixer la liste des tribunaux, étaient attendus depuis plus d’un an. Ils ont été publiés au journal officiel du 11 octobre 2009. Il s’agit des décrets du 9 octobre 2009 n° 2009-1204 et n° 2009-1205.1. actions en contrefaçon de droit d’auteur, de dessins et modèles, de marques et d’indications géographiques
Pour connaître le tribunal de grande instance qui est désormais compétent dans ces matières, il convient de déterminer en premier lieu la cour d’appel dont dépend soit le domicile (ou le siège) du défendeur soit le lieu de commission des actes de contrefaçon. Soit, par exemple, une société attaquée en contrefaçon ayant son siège à Strasbourg : cette société a comme cour d’appel « naturelle » la cour de Colmar. Le décret prévoit que tous les contentieux en contrefaçon de droit d’auteur, dessins ou modèles, marques et indications géographiques qui sont du ressort de la cour de Colmar seront de la compétence du tribunal de grande instance de Nancy. Le TGI de Nancy est ainsi compétent pour toutes les actions qui relèvent du ressort de la cour de Nancy mais également des ressorts des cours d’appel de Besançon, de Colmar, de Dijon et de Metz. Et c’est la cour de Nancy qui connaîtra d’un éventuel appel contre le jugement de première instance du TGI de Nancy. La compétence territoriale peut être également fixée par le lieu de la contrefaçon. Ainsi, une saisie contrefaçon effectuée dans le ressort de la cour d’appel de Toulouse donnera compétence au tribunal de grande instance de Bordeaux. Dans notre exemple, le demandeur en contrefaçon qui assigne une société de Strasbourg et qui a prouvé des actes de contrefaçon à Toulouse peut donc choisir entre les TGI de Nancy et de Bordeaux. La nouvelle règle a le mérite de la simplicité puisque le tribunal de grande instance de Paris devient seul compétent dans ces matières. La surprise est assez grande puisque l’on semblait s’orienter vers la compétence de trois tribunaux, dont Paris et Lyon. A noter qu’une ordonnance de saisie-contrefaçon devra être requise auprès du même TGI de Paris, ce quelque soit le lieu de la saisie. Pour rappel, c’est le tribunal de grande instance de Paris qui est aussi exclusivement compétent pour connaître de ces contentieux. La règle n’est pas nouvelle : la seule invocation d’un titre communautaire rend le TGI de Paris compétent.
D’autant plus que le décret est applicable depuis le 1er novembre 2009. Il faut espérer que des transferts de moyens entre les tribunaux « dessaisis » et ceux nouvellement choisis sont prévus. La formation des magistrats se destinant aux chambres spécialisées de ces tribunaux serait la bienvenue. Quant aux effets de cette réforme en termes d’efficacité et de rapidité, il faudra plusieurs années avant de pouvoir les apprécier. En concentrant le contentieux sur quelques tribunaux, le gouvernement espère y développer une expertise et une plus grande fiabilité dans le traitement des litiges de contrefaçon toujours plus complexes. Affaire à suivre ! |
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